Tout le monde a déjà pris le taxi, mais qui a déjà pris le taxi à Bamako?
Les préliminaires ----
Aborder gentiment le chauffeur. ''Bonjour, ça va?'' ''Ça va un peu. Ça va?'' ''Ouais, ça va''.
Négocier le prix ''2000 francs'' ''Non, c'est trop cher. 1000 francs'' ''Non, 2000 francs'' ''Mais c'est tout proche!'' ''OK pour 1500''.
L'embarquement : ouvrir la porte, si elle a une poignée! Si oui, va-t-elle nous rester dans les mains? Immanquablement, la porte ne ferme pas, le chauffeur s'étire, et la ferme lui-même.
Le vif du sujet ----
Entré dans le taxi, inévitablement, il fait chaud! On veut ouvrir les fenêtres.... mais il n'y a pas de manivelle! Il faut toujours demander au chauffeur s'il détient une poignée pour la fenêtre et puis alors, il la sort de son coffre à gant et nous la remet tout naturellement.
La fenêtre ouverte, le vent pollué au visage.... nous devons respirer dans nos chandails ou encore dans un masque pour réussir à bien s'oxygéner!
On roule un peu, et puis le taxi s'arrête! ''Gazoil!'' Le chauffeur sort à la course chercher de l'essence! Est-ce que la station d'essence est loin? Aucune idée... on attend au beau milieu du traffic bamakois!
Une fois le plein terminé, nouvelle mission : réussir à redémarrer le vieux bazou ! Après une dizaine de tentatives, impatiemment nous disons au chauffeur ''nous allons changer de taxi''... ''Non! Non ! Ca va repartir bientôt!''... et puis une dizaine de minutes plus tard, nous revoilà en chemin.
Ici, la circulation routière est un véritable chaos (comme plusieurs autres choses d'ailleurs). Klaxonner veut dire ''attention j'arrive'', et puis les voitures s'entrecoupent dans tous les sens, on frôle les passants. Lorsqu'on ressent une collision à l'arrière de la voiture, c'est le plus souvent une moto, et le chauffeur de s'exclamer ''c'est mauvais les motos!'' et continuer la route sans soucis. Le code routier nous est toujours inexplicable; la signification des feux de circulation reste à clarifier.
Aujourd'hui, on a bien failli y passer... Le chauffeur était un véritable fou du volant. Tentatives multiples de dépassements dangereux sur un boulevard à une voie, avec terre-plein. Il y a des choses qu'on comprend même sans comprendre la langue : ''Tasse-toi de mon chemin, chauffarde!!'' On retient notre souffle... ça y est, l'obstacle est contourné.
Le dénouement ----
On remet la manivelle à fenêtre avec la poignée de change pour la course. De la même façon dont on ne réussit pas à rentrer, on ne réussit pas à sortir! Le chauffeur s'étire pour nous ouvrir la porte. Nous voilà arrivés sains et saufs.
Et là, le petit monsieur pas de dents à l'entrée de la clinique nous crie : ''Bonyour les Canayiens!!!''
Catherine
Joëlle
C'est trop drôle et bien expliqué
RépondreSupprimerUn combat à tout moment, vive les voyage
Merci et continuer, c'est crevant dans tous les sens du mot
Pops