vendredi 22 octobre 2010

Au coeur de la savane malienne...

Deux semaines viennent de se terminer à Ségué, 2 semaines dans la tranquillité, à respirer de l’air pur, à l’abri de tout stress. Les divertissements sont plutôt rares alors on se repose, on parle, on rit, on lit, on écoute de la musique, on va courir à 35 degrés pour garder la forme et on sent qu’on revient aux essentiels de la vie. Vous est-il arrivés de vous lever un samedi matin et d’avoir RIEN à faire ? J’apprécie chaque petit moment aussi banals qu’ils puissent paraître… Le matin me rendre à la boulangerie pour acheter l’essentiel de notre déjeuner, alors que le soleil se lève sur les champs, l’air est encore un peu ‘‘frais’’, le village encore calme et quelques passants sont sur mon chemin pour me saluer. Ou le soir, alors que le soleil descend, lorsqu’on part à la course sur les chemins de terre rouges… La fumée des feux s’élèvent dans le village, les peules entrent vers leur campement, bébé sur le dos, sceau d’eau sur la tête et ceux qui nous croisent lors de notre course nous crient des encouragements… C’est là que je réalise que chaque petit moment de la vie est précieux…
Mais en même temps, il y a des moments un peu plus difficile ou je me sens bien loin de chez nous et je me demande si je suis bien sur la même planète que d’ou je viens…
Quand on nous raconte l’histoire de jeunes filles, qui ont à peine 15 ans, qui se font donner en mariage par leur parents, parce que la tradition le veut, sans même avoir déjà vu cet homme souvent beaucoup plus vieux, se voyant obligées de quitter l’école et toute ambition, devenant dorénavant pour le reste de leurs jours mère au foyer…  Et parfois, 2e femme de leur mari…
Ou quand on nous a amené cet enfant, âgé de 2 ans, avec la peau sur les os, malnutri à un point que depuis 1 mois il avait cessé de marcher. Sa mère portait un magnifique habit, et était de nouveau enceinte…
Et ce matin que je n’oublierai jamais, alors qu’on se rendait dans un village faire des consultations et que dès notre arrivée on nous a demandé d’aller voir cet enfant qui allait très mal… À notre entrée, il était allongé sur une natte de paille, dans un coin, en convulsions, inconscient, dans cet état depuis 4h du matin et il était 9h… On a essayé de faire ce qu’on a pu avec ce qu’on avait… mais ce qui pourrait peut-être le sauver était de se rendre à l’hôpital à une quizaine de kilomètres le plus vite possible afin de recevoir des perfusions intraveineuses… Il est donc parti sur une moto sur la piste raboteuse...  À notre retour du village, on a croisé son père qui revenait, seul sur sa moto, qui nous a fait un signe que tout était fini…l’enfant était décédé… Il avait 5 ans, jouait la veille et menait sa vie comme tout autre enfant… Il y a des jours come ça ou on se sent si impuissant et qu’on se dit que la vie est injuste.
Karine
                                          
                                

1 commentaire:

  1. Salut Karine,

    Belle ou mauvaise expériencem il plus important c'est de faire son possible avec ce que l'on a et nos connaissances afin de ne pas dire

    J'AURAIS DONT DÛT

    Félicitation pour ce que tu fais, moi, je ne suis pas capable

    Pops à Catherine

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