vendredi 22 octobre 2010

Trauma en brousse!

17h. De retour au CESCOM pour revoir les patients mis sous observation plus tôt dans la journée. (Les pires des pires se disait-on) Tout le monde prend du mieux, on est déjà prêts à repartir…
Et soudain, un couple arrive sur pieds, se dirigent vers les aides soignant pour demander des soins, et nous nous rendons compte de leur présence lorsque Catherine, les ayant vus en premier s’exclama : Oh my god ! On devrait aller voir, ça a l’air sanglant cette histoire-là !
Entassés dans une pièce de 2m par 2m, un homme allongé sur une civière attire notre attention. Quoi regarder ?  Son genou ouvert, sa tête sanglante, son cou qui suinte, sa main tordue ou la flaque de sang sur le mur ? (Était-ce la sienne ou celle du patient précédent ?)  À cinq dans l’embrasure de la porte, nous détournons notre regard vers sa femme, gentiment assise sur un tabouret, l’air vagal , non moins sanglante avec la paupière ouverte jusqu’au milieu du front. Derrière nous un bébé pleure dans les bras d’un inconnu. Il semblerait que c’est l’enfant que la femme tenait dans ses bras lors de l’accident et dont personne ne se soucie. Nous sommes donc tous témoins de nos premiers (étonnamment) accidentés de moto au Mali. Cause de l’accident : le turban du conducteur dans le vent s’enroule dans la roue avant de la moto. On vous laisse imaginer le reste.  
N.B Bien qu’obligatoire, nous  n’avons jamais vu parmi les 2 millions de motocyclistes quelqu’un porter un casque.
Le chaos s’installe. On se sépare en 3 équipes ; l’homme, la femme et le bébé.
L’Homme : Points réparés à la lampe de poche moyenne-âgeuse, échec d’asepsie, victoire des bactéries, chaleur extrême, odeur de plaie pourrie. Et Joëlle, contorsionnées, les 2 mains dans la plaie vient briser le silence en s’écriant : Yark ! Il y a quelque chose qui vient de me frôler la jambe ! Et David lampe à la main de s’exclamer : Je n’ai jamais vu une aussi grosse bébitte de toute ma vie.
En bout de ligne, le patient respire, son état de conscience et ses signes vitaux sont stables. Malgré une possible fracture ouverte du genou, aucune radiographie n’est disponible et on ne le transfert pas. On espère qu’il marchera. On croise les doigts, il est sauvé.
La femme : Transportée sur pieds è 150 mètres de son mari pour l’examiner, on se demande si elle est enceinte (au Mali, 9 fois sur 10 la réponse est oui). Elle n’échappe pas à la règle. Le cœur de son bébé est ausculté à l’oreille, il semble bien en vie Plaie réparée avec les 3 types de fil à suture qu’il nous restent et multiples abrasions pansées avec le matériel qu’on a apporté du Québec (heureusement, sinon elle aurait dû tout payer). On espère qu’elle ne sera pas trop défigurée et que les fonctions de son œil resteront intactes.

Le bébé : Chanceux dans sa malchance, malgré un bon hématome sur la tête, reste bien éveillé et garde un bon état général. Un miracle
La morale de cette histoire :
1-    Ne pas porter de foulard en moto, mais surtout porter un casque.
2-    Ne pas retourner voir les patients en fin de journée habillés en civil, en camisole et en sandales, pour éviter de revenir éclaboussés de sang, déshydratés et affamés.
3-    Toujours traîner une lampe frontale avec soi.
4-    Bref, n’ayez pas la malchance d’avoir un accident au Mali !
5-     Et… Une chance qu’on était là !

David, Justine, Karine, Joelle, Catherine, Lysanne

1 commentaire:

  1. Super la gang, beau travail d'équipe
    On vous engage hihihihihhi

    Une chance qu'on ''ca''

    PS La photo est bonne ne maudit

    Pops à Catherine

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